GLI : assurance loyers impayés, avec ou sans Visale

GLI (Garantie loyers impayés) : 2-3 % du loyer annuel, 24-36 mois couverts. Quand la choisir, quand préférer Visale, et pourquoi le cumul est interdit.

Plinthos · · 12 min de lecture

Tu loues un T2 meublé à Toulouse à 720 € hors charges. Le candidat a 34 ans, CDI, salaire net 2 400 €/mois. Il n’est pas éligible Visale (au-delà de 30 ans, hors mobilité professionnelle, et au-dessus du plafond de 1 710 € nets). Ses parents ne veulent pas se porter caution. Tu hésites : assurance loyers impayés payée par toi, ou tu prends le risque ?

La GLI (Garantie loyers impayés) est une assurance privée souscrite par le bailleur auprès d’une compagnie d’assurance, qui couvre les impayés de loyer et de charges, les dégradations locatives au-delà du dépôt, et les frais de procédure. La prime annuelle est de l’ordre de 2 à 3 % du loyer annuel charges comprises (fourchette marché 2026 ; certains contrats individuels vont jusqu’à 4 %), et l’indemnisation porte sur 24 à 36 mensualités selon les contrats. Le bailleur paie seul : impossible de répercuter le coût sur le locataire.

Dans cet article : ce que la GLI couvre vraiment, comment elle se compare à Visale et à la caution physique, l’arbre de décision selon le profil du locataire, les conditions d’éligibilité, les limites et les erreurs qui font tomber l’indemnisation.

Qu’est-ce que la GLI exactement

La GLI est un contrat d’assurance, pas une caution. Concrètement, tu souscris une police auprès d’un assureur (Galian-SMABTP, Solly Azar, et d’autres acteurs du marché) qui te dédommage si ton locataire ne paie pas. L’assureur t’indemnise puis se retourne contre le locataire pour récupérer les sommes — ce mécanisme s’appelle la subrogation.

Les garanties typiques couvrent quatre postes : loyers impayés et charges récupérables (cœur de la couverture, plafonné à 24-36 mensualités et à un montant cumulé généralement entre 70 000 et 90 000 € selon les contrats), dégradations locatives au-delà du dépôt, frais de procédure (commissaire de justice, avocat), et parfois la carence locative entre deux locataires (option).

Le contrat se renouvelle tacitement chaque année. La prime est due chaque année, indépendamment de l’usage : que tu déclares un sinistre ou non, tu paies. C’est une différence majeure avec Visale, qui est gratuite (vois aussi : Visale : la garantie d’État gratuite pour bailleurs).

Point important sur la charge : la prime GLI est à la charge exclusive du bailleur. L’article 4 de la loi 89-462 répute non écrite toute clause qui imposerait au locataire de souscrire une assurance auprès d’une compagnie choisie par le bailleur, et la liste limitative des charges récupérables (décret 87-713) ne mentionne pas la prime GLI. Une clause d’imputation de la prime au locataire ne produit aucun effet.

GLI vs Visale vs caution physique : tableau comparatif

Tu as trois mécanismes pour te couvrir contre les impayés, chacun avec ses contraintes. Voici les différences pratiques.

CritèreVisaleGLI privéeCaution physique
Coût bailleur0 €2 à 3 % du loyer annuel CC0 €
Coût locataire0 €0 € (interdit d’imputer)0 €
Éligibilité locataireRestrictive : 18-30 ans, +30 ans CDD/intérim sous plafond 1 710 €/mois, mobilité prof., agricole, étudiants alternantsPlus large : CDI surtout, revenus 2,7 à 3 fois le loyer, sans incident antérieurGarant solvable (revenus 3 à 4 fois le loyer généralement)
Couverture impayés36 mensualités sur 3 premières années (réforme 6 janvier 2026)24 à 36 mois selon contrat, plafond cumulé généralement 70 000 à 90 000 €Selon engagement du garant (montant déterminé ou déterminable)
DégradationsOui, plafonnéesOui, plafonnées au-delà du dépôtSelon mention de l’engagement
Délai de carenceCourt (généralement 1 mois)Typiquement 3 mois (jusqu’à 6 selon contrat)Aucun (engagement immédiat à la signature)
Cumul avec caution physiqueInterdit (CGU Action Logement, sans exception)Interdit, sauf étudiants/apprentis (art. 22-1 loi 89-462)Sans objet
Activation en cas d’impayéDéclaration sur visale.fr après mise en demeureDéclaration à l’assureur, conditions contractuellesMise en demeure de la caution par LRAR

Trois enseignements pratiques.

Visale est imbattable quand le locataire est éligible — gratuite, large, activable en ligne. La GLI a un coût récurrent qui pèse sur la rentabilité : sur un loyer de 700 € CC à 2,5 %, ce sont 210 €/an, soit 2 100 € sur 10 ans sans sinistre. La caution physique reste pertinente quand le garant est solide (revenus 3 à 4 fois le loyer, CDI stable), sous réserve du formalisme strict (mention apposée par la caution elle-même selon l’art. 2297 du Code civil, remise du bail, art. 22-1 loi 89-462).

Quel choisir : arbre de décision selon le profil du locataire

Voici la logique de décision en quatre branches, du plus simple au plus contraint.

1. Locataire éligible Visale → Visale. Pas de cumul, pas de GLI en parallèle. Tu économises 2-3 % du loyer annuel pour une couverture équivalente. Les CGU Visale interdisent le cumul sous peine de nullité, et l’art. 22-1 de la loi 89-462 interdit la caution si une assurance loyers impayés a été souscrite (exception étudiants/apprentis seulement).

2. Locataire non-éligible Visale + garant solvable disponible → caution physique. Économique, immédiat, sans plafond contractuel. Vérifie la solvabilité (revenus 3 à 4 fois le loyer, CDI stable) et respecte le formalisme. Vois aussi : Caution physique : qui peut se porter caution et vérifier.

3. Locataire non-éligible Visale + pas de garant + bonne situation → GLI. Cas typique : salarié +30 ans en CDI au-dessus de 1 710 € nets/mois, ou indépendant avec revenus stables. Tu protèges ta rentabilité avec une prime annuelle de 2-3 % du loyer annuel CC.

4. Cas particulier — étudiant ou apprenti → GLI + caution physique cumulables. L’art. 22-1 prévoit une exception légale : pour les étudiants et apprentis, le bailleur peut souscrire une GLI ET exiger une caution physique. C’est la seule exception. Attention : elle ne vaut pas pour Visale — les CGU Action Logement interdisent Visale + caution physique sans aucune exception, étudiants compris.

Si tu gères plusieurs locataires avec des garanties différentes (Visale ici, GLI là, caution physique ailleurs), garde tous les justificatifs en un endroit. Plinthos te permet d’attacher numéro de Visa, attestation GLI ou acte de cautionnement aux documents partagés du bail, à côté de l’état des lieux et de la quittance de dépôt — utile le jour où un impayé démarre et que tu dois activer la bonne garantie sans courir après les papiers. Voir les fonctionnalités de Plinthos.

Comment la GLI fonctionne en pratique

La souscription se fait auprès d’un assureur, via courtier ou en ligne. Le processus suit cinq étapes.

  1. Étude du dossier locataire. Tu transmets avis d’imposition, contrat de travail, bulletins de salaire, pièce d’identité, projet de bail. Critères typiques : revenus nets 2,7 à 3 fois le loyer CC, contrat stable (CDI hors période d’essai, fonctionnaire titulaire, indépendant avec 2 ans d’activité), pas d’incident de paiement antérieur connu.
  2. Acceptation et certificat de garantie. L’assureur émet un certificat avec locataire, bail, durée et plafonds. Tu le conserves comme preuve.
  3. Paiement de la prime. 2 à 3 % du loyer annuel charges comprises (tarif marché 2026 ; certains contrats individuels jusqu’à 4 %), prélevée annuellement ou mensualisée.
  4. En cas d’impayé : mise en demeure puis déclaration de sinistre. LRAR au locataire après 1 à 2 mois d’impayé, puis déclaration à l’assureur avec les pièces (bail, mise en demeure, décompte, justificatifs des relances). La timeline complète J+0 à J+90 (relance, commandement de payer, clause résolutoire) est détaillée dans Loyer impayé : la procédure étape par étape.
  5. Indemnisation et subrogation. L’assureur te règle directement, puis se retourne contre le locataire. Tu n’as pas à mener la procédure de recouvrement — c’est inclus.

Les limites et exclusions de la GLI

La GLI n’est pas une couverture absolue. Quatre limites majeures conditionnent l’efficacité réelle.

Le délai de carence. Une police GLI standard prévoit un délai de carence typique de 3 mois après la souscription (jusqu’à 6 mois selon le contrat), pendant lequel les sinistres ne sont pas couverts. Tu ne peux pas souscrire une GLI le 15 du mois en constatant que ton locataire a déjà 2 mois d’impayé : l’assureur exclura le sinistre comme “préexistant à la prise d’effet”.

Le plafond cumulé. La plupart des polices plafonnent l’indemnisation totale entre 70 000 et 90 000 € sur toute la durée du contrat (Solly Azar propose par exemple un plafond global de 90 000 €). Sur un loyer de 1 200 €/mois, c’est environ 58 à 75 mensualités cumulées — confortable, mais pas illimité. Au-delà, l’assureur cesse de payer même si l’impayé continue.

Les exclusions classiques. Sinistres préexistants, dégradations volontaires (vandalisme distinct de la simple négligence), non-respect de l’obligation de mise en demeure préalable, déclaration hors délai contractuel.

La sélection rigide. L’assureur exige des critères stricts (revenus 2,7 à 3 fois le loyer, CDI hors période d’essai). Un dossier en CDD, intérim, apprentissage ou indépendant récent est souvent refusé. La GLI peut donc t’empêcher de louer à des profils que tu aurais acceptés par ailleurs.

À cela s’ajoute le coût récurrent : 2 à 3 % du loyer annuel CC chaque année, même sans sinistre.

Erreurs classiques à éviter

Cinq erreurs récurrentes côté bailleur. Les éviter, c’est protéger ta couverture.

  1. Cumuler GLI et caution physique hors exception étudiants/apprentis. L’art. 22-1 loi 89-462 interdit ce cumul sauf pour étudiants et apprentis. Sur un locataire en CDI standard, la caution est nulle.
  2. Cumuler GLI et Visale. Sous peine de nullité du contrat Visale (CGU Action Logement) et d’inopposabilité de la caution (art. 22-1). Choisis l’un OU l’autre.
  3. Imputer la prime GLI au locataire. Aucune clause du bail ne peut transférer la prime (art. 4 loi 89-462 + liste limitative des charges récupérables, décret 87-713 ; clause réputée non écrite).
  4. Souscrire une GLI après le démarrage d’un impayé. Le délai de carence (typiquement 3 mois, jusqu’à 6 selon contrat) exclut systématiquement les sinistres préexistants.
  5. Oublier la mise en demeure préalable. Les polices GLI conditionnent l’indemnisation à une LRAR au locataire. Sans elle, l’assureur peut refuser.

Quand préférer Visale même si la GLI est tentante

Trois situations où Visale gagne sans discussion, malgré l’apparente flexibilité de la GLI.

Locataire éligible Visale. Si ton candidat est étudiant, jeune actif 18-30 ans, salarié en CDD sous le plafond de 1 710 € nets/mois, ou en mobilité professionnelle, Visale est gratuit et tu n’as aucun intérêt à payer 2-3 % du loyer annuel pour une couverture équivalente. Le seul cas où l’on peut hésiter est si ta GLI propose des dégradations locatives plus larges — mais pour la grande majorité des bailleurs particuliers, la différence est marginale.

Bail mobilité (1 à 10 mois). Le dépôt de garantie y est interdit (art. 25-17 loi 89-462). Visale est conçu pour ce cas et fonctionne sans friction. Souscrire une GLI sur un bail mobilité court est rarement rentable : la prime annuelle est due même si le bail dure 3 mois, et le délai de carence peut couvrir la majorité du bail.

Rotation rapide de locataires. Si tu rotates plusieurs locataires sur le même logement (logement étudiant, bail mobilité, colocation), Visale souscrite à chaque entrée est plus souple que la GLI annualisée.

À l’inverse, la GLI gagne sur Visale pour les logements hors résidence principale (Visale ne couvre que la résidence principale) et pour les locataires non éligibles sans garant disponible. Le bon réflexe : tester l’éligibilité Visale d’abord, GLI ensuite si nécessaire.

Questions fréquentes

Puis-je cumuler Visale et GLI pour doubler la couverture ?

Non. Les CGU d’Action Logement interdisent au bailleur de souscrire toute autre garantie pour les risques couverts par Visale, sous peine de nullité du contrat Visale. Symétriquement, l’art. 22-1 de la loi 89-462 interdit au bailleur ayant souscrit une assurance loyers impayés d’exiger d’autres garanties (sauf exceptions étudiants/apprentis). Le cumul Visale + GLI est donc doublement interdit. Tu dois choisir.

Le locataire peut-il refuser que je souscrive une GLI ?

Non, la GLI est un contrat entre toi (bailleur) et l’assureur. Le locataire n’est pas partie au contrat, il ne peut pas s’y opposer. En revanche, il fournit les pièces du dossier pour l’étude d’éligibilité par l’assureur, et tu dois respecter ses droits (RGPD, finalité de la collecte). Si l’assureur refuse le dossier, tu ne peux pas obliger le locataire à compléter — tu peux choisir un autre assureur ou un autre mécanisme de garantie.

Combien coûte vraiment une GLI sur un studio à 600 € CC à Lyon ?

Sur 600 € CC mensuels, soit 7 200 € annuels, la prime à 2,5 % (point médian de la fourchette marché 2-3 %) est de 180 €/an ; à 3 %, 216 €. Sur 5 ans sans sinistre, entre 900 et 1 080 € de coût net. À comparer au manque à gagner d’un impayé prolongé (3 à 6 mois jusqu’à décision judiciaire, soit 1 800 à 3 600 € de loyer perdu).

Que se passe-t-il si mon locataire perd son emploi en cours de bail ?

La GLI continue de couvrir si les conditions de souscription étaient remplies à l’origine. Si l’assureur découvre une fausse déclaration initiale (faux contrat de travail, faux bulletins), il peut refuser l’indemnisation. La vigilance porte sur la qualité du dossier initial.

Puis-je résilier ma GLI avant l’échéance annuelle ?

Oui, dans les conditions du contrat (généralement préavis 1 à 2 mois avant l’échéance annuelle, ou en cas de vente du bien / fin du bail / changement de régime locatif). La résiliation infra-annuelle dépend des conditions générales de ta police : vérifie-les avant d’agir.


La GLI est un outil utile mais coûteux. Elle se justifie quand le locataire n’est pas éligible Visale et qu’aucun garant physique solvable n’est disponible. Sur les locataires éligibles Visale, elle est rarement rationnelle. Et le cumul avec une autre garantie est interdit dans presque tous les cas — sauf l’exception étudiants/apprentis pour le couple GLI + caution physique (art. 22-1 loi 89-462). Le réflexe à garder en tête : tester l’éligibilité Visale d’abord, GLI ensuite si nécessaire.

Si tu gères 1 à 3 logements avec des garanties différentes selon les locataires, Plinthos te permet d’attacher chaque attestation (Visa Visale, certificat GLI, acte de cautionnement) au bail concerné, à côté de l’état des lieux et du suivi des paiements. Le jour où un impayé démarre, tu retrouves la bonne garantie et les bons justificatifs en quelques secondes. Voir comment ça marche.


Les lois citées sont à jour à la date de publication de l’article. Pour les cas spécifiques (contentieux, refus d’indemnisation, sinistre complexe), consulte un avocat, une ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement) ou une association de bailleurs.

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